Un olivier en pleine terre supporte mieux le froid qu’un sujet en pot, mais il a ses limites. Pour le protéger du gel, trois leviers comptent : un emplacement abrité, un pied bien couvert et une intervention rapide dès que les nuits deviennent franchement froides. La résistance varie selon la variété, l’âge de l’arbre, son état hydrique, la durée du gel et son acclimatation progressive à l’automne.
Rusticité de l’olivier : jusqu’à quelle température le protéger ?
L’Olea europaea n’a pas une résistance unique. Un jeune plant de moins de trois ou quatre ans, dont le bois n’est pas encore aoûté en profondeur, souffre bien avant un sujet adulte. Les seuils ci-dessous restent des repères, pas des limites absolues : une gelée brève et sèche fait moins de dégâts qu’une série de nuits glaciales avec du vent.
| Température | Ce qui risque de se passer |
|---|---|
| -3 à -5 °C | Jeunes pousses, fruits et jeunes plants déjà touchés |
| -5 à -7 °C | Microfissures de l’écorce, feuilles brûlées, début des perturbations des tissus vers -6 °C |
| -7 à -10 °C | Feuillage fortement atteint, rameaux et écorce vulnérables, même sur un adulte |
| -12 °C et moins | Feuilles et bourgeons gravement endommagés, risque pour le tronc |
En pratique, un olivier adulte et bien installé n’a pas besoin de protection lourde tant que les températures négatives restent autour de -5 °C. Pour un jeune plant, on commence à s’inquiéter dès -3 °C. Si votre région connaît régulièrement -8 °C ou moins, la protection doit devenir systématique, quel que soit l’âge de l’arbre.
-12 °C : la barre où feuilles et bourgeons lâchent
La température létale médiane est estimée autour de -12 °C pour les feuilles et les bourgeons. Une étude récente montre même qu’une exposition de 12 heures à cette température suffit à séparer nettement les variétés tolérantes des variétés sensibles. Si vous hésitez sur une variété, renseignez-vous sur sa tolérance au froid avant de choisir votre protection.
Protéger le pied : paillage et rechaussage
Le pied est la priorité, car un olivier dont les racines et le collet survivent peut repartir de la souche même si la partie aérienne grille. Étalez un paillage épais de 15 à 20 cm sur un rayon d’au moins un mètre autour du tronc. La paille, les feuilles mortes sèches, les copeaux ou un mulch de broyat de végétaux font très bien l’affaire.
Pour un jeune plant, ajoutez un rechaussage : buttez de la terre ou du compost mûr autour du collet, sur 20 à 30 cm de hauteur. Ce petit monticule isole la base du tronc, là où se situe le point de reprise le plus précieux. Évitez de plaquer le paillage contre l’écorce, car l’humidité stagnante favorise les pourritures.
Emmailloter le tronc et le feuillage avec un voile d’hivernage

Quand une vague de froid est annoncée, il faut couvrir la partie aérienne. Le voile d’hivernage (voile non tissé de 30 à 50 g/m²) laisse passer l’air et la lumière tout en gagnant quelques degrés. Enveloppez d’abord le feuillage en rassemblant doucement les branches, puis enroulez le voile autour de l’arbre et fermez-le par le bas avec une ficelle.
Pour le tronc, la toile de jute fonctionne très bien, seule ou en doublure sous le voile. On peut aussi l’entourer de paille maintenue par un grillage souple. L’ensemble doit rester aéré : une enveloppe trop serrée retient l’humidité et favorise les maladies.
L’erreur du sac plastique
Un film plastique transparent ou un sac étanche fait grimper la condensation et chauffe l’arbre en journée. Au premier rayon de soleil, l’olivier se retrouve en étuve, puis il gèle de nouveau la nuit suivante. Gardez toujours un voile respirant, et retirez-le dès que le redoux s’installe.
Avant les grands froids : arrosage, emplacement et pas de taille
Un sol légèrement humide conserve mieux la chaleur qu’un sol sec, et un arbre bien hydraté encaisse mieux le gel. Si l’automne a été sec, arrosez une fois quelques jours avant la vague de froid, sans détremper : l’eau stagnante autour des racines gelées fait plus de mal que de bien. Une fois le gel installé, on n’arrose plus.
L’emplacement joue un rôle énorme, souvent sous-estimé. Un olivier planté contre un mur en exposition au sud profite de la chaleur emmagasinée en journée, et un abri contre le vent limite l’effet des courants d’air glacés. Évitez les creux et bas de pente, où l’air froid stagne et fait descendre le thermomètre de plusieurs degrés. Si l’arbre est déjà planté au mauvais endroit, compensez par une protection plus soignée.
Ne taillez jamais avant l’hiver. Les rameaux et le feuillage servent de couverture naturelle, et une coupe tardive stimule des pousses tendres que le froid grillerait aussitôt. La taille se fait au printemps.
Le calendrier à suivre
- Octobre-novembre : cessez toute fertilisation azotée, qui stimule les pousses sensibles au froid.
- Fin novembre : posez le paillage et réalisez le rechaussage du jeune plant.
- 2 à 3 jours avant une gelée annoncée : arrosez modérément si le sol est sec, puis posez le voile d’hivernage.
- Pendant le gel : laissez la protection en place, sans l’ouvrir ni arroser.
- Au redoux : aérez la journée si le temps est doux, puis refermez si de nouvelles gelées arrivent.
Après le gel : repérer les dégâts et reprendre les soins
Après une période de gel, résistez à l’envie de couper : des feuilles brunies ou tombées ne signifient pas que l’arbre est mort. Patientez jusqu’au printemps, idéalement jusqu’à l’apparition des nouvelles pousses. Grattez alors légèrement l’écorce d’un rameau avec l’ongle : si le dessous est vert, le bois est vivant.
Taillez seulement le bois vraiment desséché, en recoupant au-dessus des premiers bourgeons sains. Si les branches sont mortes mais que la base rejette, c’est la repousse depuis la souche qui reconstruira l’arbre ; sélectionnez alors deux ou trois jets bien placés.
Côté soins, reprenez un arrosage régulier dès que les températures remontent, puis apportez un engrais équilibré au printemps pour relancer la croissance. Retirez progressivement le voile, d’abord en journée, puis complètement quand le risque de gelée est écarté. Gardez le paillage en place : il conserve la fraîcheur du sol et limite les mauvaises herbes pendant l’été.
Olivier en pleine terre ou en pot : une vulnérabilité différente

En pot, les racines sont exposées au froid sur tous les côtés, et la motte gèle bien plus vite qu’une terre profonde. Un olivier en pot doit donc rentrer dans un local hors gel ou être emmitouflé en entier, ce qui n’est pas le cas du sujet en pleine terre. Cet avantage ne dispense pas de protéger les jeunes plants et de surveiller les prévisions dès le début de l’hiver.






2 Commentaires
[…] d’hivernage sur la partie aérienne, limite les dégâts des gelées : le détail de cette protection d’un olivier contre le gel est expliqué dans un autre guide. Dans les régions froides, garder la bouture en pot à […]
[…] La plantation en pleine terre ne se fait pas la première année. Gardez l’olivier en pot au moins un à deux ans, le temps que le tronc se renforce. Le jeune plant est très sensible au gel : en dessous de 0 °C, rentrez-le dans un abri lumineux et non chauffé. Une fois installé dans le jardin, choisissez un emplacement chaud, ensoleillé et abrité du vent, avec un sol qui ne retient pas l’eau. Dans les régions froides, un voile d’hivernage reste utile pendant les premiers hivers : pour aller plus loin, consultez notre guide pour protéger un olivier en pleine terre. […]