Pour une maison de 100 m², le tableau électrique de 3 rangées de 13 modules reste la configuration de référence. Il accueille trois interrupteurs différentiels 30 mA, chacun protégeant une famille de circuits : la puissance, les prises, puis l’éclairage et les services. Le tout se complète d’une réserve de modules libres pour les ajouts futurs.
Le schéma ci-dessous est indicatif. Il suit la NF C 15-100, mais il doit être validé par un électricien dès que le logement comporte un chauffage électrique, une pompe à chaleur ou une borne de recharge.
Configuration type d’un tableau électrique pour une maison de 100 m²
Combien de rangées et de modules prévoir (réserve comprise)
Entre 35 et 100 m², on installe en général un tableau électrique de trois rangées. Avec 13 modules par rangée, on obtient 39 modules au total, ce qui correspond au minimum à prévoir pour ce type de surface. La norme impose de garder environ 20 % de réserve de modules libres, soit une dizaine d’emplacements, pour brancher plus tard un circuit supplémentaire sans changer le coffret.
Si la maison cumule chauffage électrique par convecteurs, pompe à chaleur, borne de recharge et domotique, une quatrième rangée devient vite utile. Mieux vaut y penser à l’achat, car remplacer un coffret rempli coûte plus cher que de choisir un modèle plus grand dès le départ.
Schéma type rangée par rangée : exemple de répartition des circuits
La logique est de regrouper les circuits par usage. La première rangée porte les appareils de puissance, la deuxième les prises de courant, la troisième l’éclairage, la VMC et les petits services. Chaque rangée démarre par son interrupteur différentiel 30 mA de 40 A, suivi de ses disjoncteurs divisionnaires.
| Rangée | Circuit alimenté | Disjoncteur | Section de câble |
|---|---|---|---|
| 1 : différentiel 40 A type A | Plaque de cuisson | 32 A | 6 mm² |
| Four | 20 A | 2,5 mm² | |
| Lave-linge | 20 A | 2,5 mm² | |
| Lave-vaisselle | 20 A | 2,5 mm² | |
| Chauffe-eau (via contacteur) | 20 A | 2,5 mm² | |
| 2 : différentiel 40 A type AC | Prises du séjour | 16 A | 2,5 mm² |
| Prises des chambres | 16 A | 2,5 mm² | |
| Prises du plan de travail de la cuisine | 20 A | 2,5 mm² | |
| Prises entrée, couloir, bureau | 16 A | 2,5 mm² | |
| 3 : différentiel 40 A type AC | Éclairage du rez-de-chaussée | 10 A | 1,5 mm² |
| Éclairage de l’étage ou des chambres | 10 A | 1,5 mm² | |
| VMC | 2 A | 1,5 mm² | |
| Volets roulants | 16 A | 1,5 mm² | |
| Prises extérieur et garage | 16 A | 2,5 mm² |
Avec cette répartition, chaque rangée n’occupe qu’une dizaine de modules sur 13 : le différentiel (2 modules), quatre ou cinq disjoncteurs, éventuellement un contacteur. Les emplacements restants forment la réserve, et le parafoudre se loge dans l’une des rangées s’il est requis.
Sections de câbles, calibres et répartition derrière les différentiels

Chaque disjoncteur est dimensionné pour protéger son câble. Une section de câble de 1,5 mm² correspond aux circuits d’éclairage et aux volets roulants, 2,5 mm² aux prises et aux circuits spécialisés de 20 A, et 6 mm² à la plaque de cuisson protégée par un calibre 32 A. Pour les prises, 1,5 mm² reste admis jusqu’à 5 points sur un circuit de 16 A, mais 2,5 mm² évite de se poser la question et laisse de la marge.
La répartition derrière les différentiels répond à une règle de nombre : un différentiel de 40 A peut protéger jusqu’à 8 disjoncteurs, contre 5 pour un différentiel de 25 A. Il faut aussi équilibrer les rangées pour qu’une panne n’éteigne pas toute la maison. Éclairage et prises ne doivent jamais dépendre du même différentiel, afin de ne pas se retrouver dans le noir quand une prise déclenche.
Type A ou type AC : le réflexe à avoir sur la rangée de puissance
La plaque de cuisson et le lave-linge exigent un différentiel de type A, capable de détecter les courants de défaut à composante continue. Le type AC suffit pour les prises et l’éclairage. Si le budget le permet, mettre du type A sur les trois rangées évite de se tromper lors d’un futur ajout d’équipement.
Protections et équipements obligatoires selon la NF C 15-100
Outre les différentiels 30 mA et les disjoncteurs divisionnaires, le tableau électrique doit intégrer un bornier de terre relié à la prise de terre de l’habitation. Tous les circuits y ramènent leur conducteur de protection, et les liaisons équipotentielles de la salle de bain, ainsi que celles des canalisations métalliques, s’y raccordent aussi.
Le parafoudre devient obligatoire dans certaines zones à risque, notamment lorsque la maison est alimentée par une ligne aérienne dans une région à forte activité orageuse, ou qu’un paratonnerre se trouve à proximité. Dans les autres cas, il reste fortement conseillé pour protéger les appareils sensibles. Le DPDA, qui détecte les défauts d’arc, est recommandé dans de nombreuses situations et imposé dans certains locaux. Les règles évoluent d’une version de la norme à l’autre : vérifiez celle qui s’applique à votre projet.
Circuits à prévoir pièce par pièce : séjour, cuisine, chambres, salle de bain
Dans le séjour, on compte une prise par tranche de 4 m² avec au moins 5 prises, plus une ou deux prises RJ45 raccordées au coffret de communication. Les chambres exigent 3 prises minimum, une par point d’éclairage principal et une réserve de câblage pour d’éventuels équipements.
La cuisine concentre le plus de circuits : une prise 16 A ou 20 A pour le plan de travail (6 prises dont 4 au-dessus), une ligne dédiée pour le four, une autre pour la plaque de cuisson en 6 mm², et des circuits spécialisés pour le lave-vaisselle et le réfrigérateur ou le congélateur si besoin. Le lave-linge se raccorde sur son propre disjoncteur 20 A, souvent dans la cuisine ou la buanderie.
La salle de bain suit les règles de volumes : aucune prise dans les zones proches de l’eau, une prise à plus de 60 cm de la baignoire ou de la douche, et une liaison équipotentielle qui relie les éléments métalliques (canalisations, huisseries) au bornier de terre. Le sèche-serviettes ou le chauffage d’appoint bénéficient de leur propre circuit si leur puissance le justifie.
Emplacement du tableau, tableau nu ou pré-équipé et recours à un électricien

Le tableau trouve sa place dans la GTL (gaine technique logement), à l’intérieur de l’habitation, ou dans un ETEL (espace technique électrique du logement) pour un logement neuf. Il doit rester accessible en permanence : les organes de manœuvre se situent entre 0,90 m et 1,80 m du sol, et rien ne doit gêner l’accès. Le coffret de communication avec ses prises RJ45 se place à proximité.
Un tableau pré-équipé arrive avec les différentiels et disjoncteurs déjà câblés sur les rangées. Il convient bien à un schéma standard comme celui présenté ici. Le tableau nu donne plus de liberté pour composer les calibres à sa convenance, mais demande de commander chaque appareil séparément et de bien maîtriser le câblage.
La puissance de l’abonnement se choisit en kVA : 9 kVA couvrent la plupart des maisons de 100 m² chauffées autrement qu’à l’électricité, tandis que 12 kVA se justifient avec un chauffage électrique intégral ou une borne de recharge. Dans le neuf, l’attestation du Consuel est exigée avant la mise sous tension. En rénovation, elle l’est surtout si l’installation est entièrement refaite. Confier la pose et la vérification du schéma à un électricien reste le choix le plus sûr, car une erreur de calibre ou de section ne se voit pas à l’œil nu.





